La Municipalite de Stoke

 

Le nerprun bourdaine, une plante envahissante à éliminer

Par L’Association forestière du sud du Québec

Le Nerprun BourdaineVous voulez agir pour l’environnement et protéger nos forêts. Nous vous invitons à vous joindre au mouvement de lutte contre le nerprun bourdaine.

Le nerprun bourdaine est une plante envahissante qui a un effet dévastateur sur nos forêts. À l’origine, il a été introduit au Québec comme plante ornementale. Il s’est si bien adapté au Québec qu’aujourd’hui, il peut croître dans tous les types d’environnement et il empêche la végétation naturelle, plantes et arbres, de pousser dans plusieurs endroits. On le retrouve en grande quantité en Estrie et dans une moindre mesure dans les régions périphériques de l’Estrie, mais il se répand progressivement.

Pourquoi est-il si redoutable?
Le nerprun bourdaineLe nerprun est un bien meilleur compétiteur que les plantes indigènes à tous niveaux. Il pousse très rapidement, jusqu’à 1 m de croissance en hauteur par année. Ses feuilles sont présentes sur les branches plus longtemps que tout autre plante, ce qui favorise sa croissance et ralentit celle des autres. Il peut se reproduire par ses fruits très abondants, mais aussi par ses racines. Ses semences peuvent survivre dans le sol plusieurs années. Si on le coupe, cela favorise la croissance de nouvelles tiges. Enfin, il est capable de vivre dans les environnements les plus divers.

Identifier le nerprun bourdaine
Le nerprun est un arbuste, voire même un petit arbre, car il peut atteindre 9 m de hauteur. On le reconnaît à son écorce gris-brun avec de petites taches linéaires blanchâtres. Il possède des feuilles ovales, vertes et luisantes. Elles sont disposées en alternance sur les branches et les nervures créent des ondulations. Le nerprun produit de petites baies qui passeront du vert, au rouge, puis au noir. Les fruits sont visibles de juillet à septembre. Il est aussi fréquent de voir des baies à différents stades de maturation ou couleur, ce qui est une caractéristique de l’arbuste.

Comment l’éliminer

En milieu résidentiel
L’élimination du nerprun est très difficile vu les aptitudes de croissance et de dispersion de cette espèce. Cependant, c’est envisageable sur les terrains résidentiels. Pour ce faire, il faut l’arracher en tentant de retirer un maximum de racines du même coup. La meilleure période est de mai et juin; le sol est dégelé et les racines sont moins développées que tard en saison. Lorsque les tiges de nerprun augmentent en taille, il faut possiblement utiliser une pelle pour aider à l’arrachage.
Ensuite, comme une partie des racines demeure dans le sol, il est probable que de nouvelles tiges croissent en cours d’été ou les années suivantes. On peut alors procéder à un deuxième arrachage en fin de saison. Plus la densité de tiges de nerprun est importante, plus le nombre d’arrachages nécessaire risque d’être élevé. De plus, de nouveaux plants peuvent s’installer à tout moment, car les oiseaux dispersent les graines de cet arbuste. C’est pourquoi il est important d’effectuer une petite vérification annuelle de son terrain, et ce, même si l’on croit avoir éliminé totalement le nerprun.
Pour limiter les nouvelles tiges, on peut utiliser un géotextile imperméable, celui composé de fibre n’étant pas assez robuste pour freiner la croissance du nerprun.

En milieu forestier
En forêt, l’arrachage est impossible à envisager. Peu d’options sont disponibles d’ailleurs. On peut tenter de vivre avec. Cependant, une forte densité de nerprun peut causer :

Néanmoins, si la densité n’est pas trop élevée, c’est envisageable. On peut alors poursuivre nos activités forestières. L’important, c’est de ne pas favoriser le nerprun en le coupant ou en dégageant trop.
Si l’on désire réduire la quantité de nerprun en forêt, il faut le faire mourir. La seule technique ayant une efficacité reconnue par les études scientifiques est l’utilisation d’herbicides, tel le glyphosate. L’automne est une bonne période pour l’application de cet herbicide, car les plantes indigènes sont en dormance alors que le nerprun est toujours actif. Notez néanmoins que le traitement n’a pas une efficacité absolue. Il faudra plusieurs applications pour permettre à une régénération d’arbres de s’installer et malgré cela, le nerprun demeura présent.

Avant d’utiliser des herbicides en forêt ou de réaliser des travaux forestiers en présence de nerprun, nous vous conseillons de toujours communiquer avec un conseiller forestier.

À retenir
Il est très important de limiter la pression des espèces envahissantes sur nos forêts. C’est pourquoi il faut éliminer le nerprun partout où il est possible de la faire, telles les zones résidentielles. Nous avons besoin de la collaboration de tous pour cette action. Sortons dehors seul, en famille, avec nos voisins et arrachons le nerprun!

Pour en savoir plus : afsq.org/information-foret/nos-arbres/ennemis-des-arbres/nerprun-bourdaine/